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Le Creartathon offre de nouvelles perspectives au dialogue art, design et sciences du numérique

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Le Creartathon offre de nouvelles perspectives au dialogue art, design et sciences du numérique

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Sciences du numérique, art et design ne semblent pas au premier abord être des termes qui se côtoient facilement. Et pourtant, la rencontre de ces mondes est riche en innovations, comme vient de le prouver la tenue du premier Creartathon. L’événement a rassemblé des étudiants des deux univers et a abouti à des créations originales, interactives et intelligentes. Une réussite.
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L’édition 2021 du Creartathon a été co-organisée par le centre Inria Saclay - Ile-de-France, l’Université Paris-Saclay et l’association Societies avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Diagonale Paris-Saclay, de l’IRTSystemX, de la Gradutate School Computer Science de l’Université Paris-Saclay et de DATAIA (membre du comité d'organisation).

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Intelligence artificielle et interaction humain-machine au service de l’art et du design… et inversement

Des têtes penchées les unes vers les autres, des ordinateurs éparpillés, des idées qui fusent, des doigts sur des claviers… l’ambiance qui régnait dans les locaux du FabLab Digiscope de l’Université Paris-Saclay fin août aurait pu faire penser à n’importe quel hackathon. Si ce n’était les esquisses, les morceaux de plastique, les moulages en silicone, les maquettes, prototypes, etc., traînant également à droite, à gauche. Il ne s’agissait en fait pas d’un rassemblement d’experts en sciences du numérique, mais de la rencontre de deux mondes.

« Notre but était que des étudiants en art et en design et ceux en intelligence artificielle (IA) et en interaction humain-machine (IHM) construisent quelque chose ensemble, mais surtout qu’ils apprécient les différences d’approche de chaque discipline et s’enrichissent des valeurs de chacun », expose Wendy Mackay, directrice de recherche de l’équipe Inria Ex-Situ. C’est pourquoi ce hackathon d’un nouveau genre a été nommé « Creartathon ».

L’origine de cet événement innovant remonte au début de l’année 2020 et à la volonté de Jean-Yves Berthou, directeur du centre Inria Saclay - Île-de-France, de faire travailler ensemble art, design et sciences du numérique.

« J’ai organisé beaucoup de workshops aboutissant à des créations interactives et Janin Koch, une de mes anciennes post-docs, a de son côté participé à plusieurs hackathons, retrace Wendy Mackay. L’idée d’une sorte de workshop combinant le côté concours du hackathon avec la création artistique nous est donc apparue comme une bonne façon de faire se rencontrer les deux mondes. »

Restait à mettre le projet sur pied.

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Quatre écoles d’art et design, deux masters en sciences du numérique

Pour cela, Wendy Mackay et Janin Koch s’associent à Benoît Monégier du Sorbier, en charge de la communication de l’Institut DATAIA, institut d'intelligence artificielle de l'Université Paris-Saclay, et Nicolas Taffin, designer graphique au sein de l’équipe Ex-Situ. Se joint à eux Jeanne Turpault, chargée de programmation et de coordination au sein de l’association Societies, qui vise à faire sortir l’art des lieux qui lui sont habituellement attribués.

Cette dernière se rapproche de quatre écoles d’art et design parisiennes pour exposer le projet à leurs étudiants : les Beaux-Arts de Paris, l’École nationale supérieure de création industrielle, l’École Boulle et l’École Duperré. Tandis que de son côté, Wendy Mackay fait la promotion de l’événement notamment auprès des élèves des masters de l’université Paris-Saclay en intelligence artificielle (IA) et interaction humain machine (IHM).

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32 étudiants et quatre artistes

Plus d’une cinquantaine de candidatures sont déposées et finalement, 32 étudiants de différentes nationalités sont retenus et répartis en sept équipes.

« Nous avons sélectionné des étudiants, qui d’après leur portfolio, avaient déjà des réalisations à leur actif et étaient capables de travailler de manière collaborative, précise Wendy Mackay. Puis nous avons essayé de bâtir des groupes équilibrés entre art, design, IA et IHM. »

Quatre artistes sont en parallèle recrutés pour accompagner les équipes : Maxime Bondu, le duo Ittah Yoda et Christophe Lemaitre.

« J’avais en tête quatre critères pour leur sélection : qu’ils soient intéressés par la thématique de l’événement bien sûr, qu’ils aient l’habitude de transmettre et de partager, qu’ils soient assez jeunes pour être proches des étudiants, et enfin qu’il y ait entre les coachs une diversité d’approches dans leurs créations et dans la vision qu’ils ont de l’IA et de l’IHM. »

L’équipe est au complet, le workshop peut débuter : les étudiants auront cinq jours seulement, du 23 au 27 août, pour réaliser un artéfact créatif, interactif et intelligent… un joli défi !

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Cinq jours en immersion

Le dimanche 22 août, tout le monde se retrouve donc à l’Université Paris-Saclay pour faire connaissance et s’installer : participants et encadrants sont logés dans un hôtel sur le campus. Dès le lundi matin, les équipes assistent à deux master class sur l’IA et l’IHM pour donner quelques bases sur le sujet aux étudiants en art et design. Suit une présentation des quatre artistes, pour cette fois former rapidement les étudiants en sciences du numérique au processus de création artistique. Les groupes ont ensuite jusqu’à 16h pour trouver une idée… et jusqu’au mardi midi pour en faire une présentation vidéo !

« Puis nous avons fait un point d’étape tous les matins pour voir où chacun en était, détaille Wendy Mackay. J’imaginais que les étudiants seraient anxieux mais en fait, hormis quelques petits moments de panique, l’ambiance était très détendue et pas du tout compétitive ! Les participants ont en outre réalisé très tôt que pour réussir, il fallait vraiment écouter et comprendre les autres moyens de travailler au sein de leur équipe. »

Les artistes apportent également un précieux soutien : ils passent de groupe en groupe pour délivrer des conseils sur la narration autour d’un projet artistique, sur la façon de penser la notion de public, sur les aspects plus formels concernant l’esthétique et les matériaux et enfin pour fournir une aide lors de la fabrication.

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Sept prototypes pour un jury

La recette fonctionne si bien que le vendredi, à la surprise des organisateurs, sept prototypes fonctionnels sont présentés au jury. Celui-ci est composé de Denis Pansu, membre de Fing, le think&do tank sur les transformations numériques, de Jean-Yves Berthou, de l’artiste Mathilde Lavenne et de Pierre-Paul Zalio, président de l’ENS Paris-Saclay. La première place revient au « Cor Epiglottae » : une sculpture de plastique et de silicone dotée de la capacité d’écouter ce que lui disent les visiteurs… et de leur répondre. La deuxième place est attribuée au « Latent organism » : une sorte de coussin géant réagissant à la pression et au toucher des visiteurs pour générer et projeter au mur des formes en 3D uniques. Enfin, « Persona » monte sur la dernière marche du podium. Cette intelligence artificielle enrobée dans un corps humanoïde n’a pas vocation à aider le visiteur, mais cherche à le faire douter et s’interroger sur la façon dont il interagit avec elle.

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Un événement extrêmement fertile

« J’ai été vraiment surprise qu’en si peu de temps, on arrive à créer tant de choses et à y trouver une véritable originalité, se réjouit Wendy Mackay. Chaque groupe a été poussé de l’intérieur par la complémentarité de ses participants. »

Jeanne Turpault apprécie elle aussi le résultat :

« Cela a d’abord été une aventure humaine et sociale : se mettre à l’épreuve et voir comment on interagit avec autant de personnes sur un temps si court. Mais également une aventure sur le plan intellectuel puisque nous avons réuni plusieurs mondes, plusieurs langages, plusieurs façons de penser. Et enfin, une aventure sur le plan créatif : des idées étaient émises en permanence. L’événement était délirant d’imagination et de possibilités… et au bout du compte, extrêmement fertile. »

Le Creartathon ne va donc pas s‘arrêter en si bon chemin. Les œuvres réalisées ont été exposées du 3 au 5 septembre à la galerie Joseph, à Paris, et l’édition 2022 de l’événement est déjà dans les esprits. « Nous l’organiserons sûrement fin juin ou début juillet et il y a d’autres aménagements en discussion, annonce Wendy Mackay. Mais une chose est sûre : la motivation est là ! »

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